Revue de presse du 16 octobre 2006
Les deux principaux mensuels littéraires de ce mois-ci proposent des dossiers intéressants sur lesquels j’aurai l’occasion de revenir un autre lundi : Lire nous invite à connaître la vraie vie amoureuse des écrivains ainsi que la sélection des meilleurs romans américains de la rentrée quand Le Magazine littéraire nous fait découvrir les philosophes d’aujourd’hui. Malgré cela, et malgré la multitude de livres présentés, deux auteurs sortent du lot : Bernard Pivot avec son Dictionnaire amoureux du vin publié chez Plon et Jonathan Safran Foer avec son roman, Extrêmement fort et incroyablement près publié aux éditions de l’Olivier.
Pendant que Jean-Baptiste Hareng encense l’ouvrage de Bernard Pivot, symbole de la littérature et de l’érudition, connu aussi pour sa célèbre dictée, dans Le Magazine littéraire, François Busnel, directeur de la rédaction de Lire, met à la disposition du lecteur une rencontre avec cet amoureux des mots et du vin en compagnie d’un autre journaliste de Lire, Gérard Oberlé, tout aussi passionné du fruit du travail des vignerons que Bernard Pivot et qui vient de sortir L’Itinéraire spiritueux édité chez Grasset. Les deux hommes se confient à François Busnel. Bernard Pivot explique alors : " […] lorsque l’on m’a proposé Un dictionnaire amoureux du vin, j’ai tout de suite vu la possibilité de raconter des choses que je n’aurais jamais eu le courage ou la pudeur d’écrire directement. Tout comme Gérard Oberlé, j’ai donc fait un détour par la cave pour parler de mon enfance, de mes parents. " Visiblement l’enthousiasme de Bernard Pivot à écrire ce dictionnaire a été partagé puisque le journaliste du Magazine littéraire conclut, lui, son article en affirmant : " Le Dictionnaire amoureux du vin réussit la gageure de fourmiller d’informations de première force, les anecdotes y dressent un panorama, et de rester un livre très personnel, où l’on entend la voix espiègle de l’auteur. Un dico de ce tonneau-là se boit comme du petit-lait. "
L’autre ouvrage qui passionne les journalistes, ce mois-ci, est celui de Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près, publié aux éditions de L’Olivier. Il y est racontée l’histoire d’un jeune surdoué de 9 ans, Oskar, qui après avoir perdu son père lors des attentats du 11 septembre 2001 découvre dans les affaires de celui-ci une clé au nom de Black. Il va alors partir à la recherche de ce mystère. D’après François Busnel, directeur de la rédaction de Lire, qui l’a rencontré : " Le résultat est impressionnant : près de cinq cents pages de pur bonheur, de larmes, d’angoisse, de rires (de fous rires même), de questionnement, de jeu, avec, au final, un roman extrêmement puissant et incroyablement original. " De son côté, le journaliste du Magazine littéraire met l’accent sur le point de vue interne du roman ; il écrit : " L’idée d’un monologue enfantin de quatre cents pages peut effrayer, mais Safran Foer en fait un véritable feu d’artifice d’humour et d’invention. A la fantaisie de l’intrigue répond celle du style, le romancier multipliant les facéties graphiques et les astuces de mise en pages. […] plus qu’ " un roman sur le 11 septembre ", c’est avant tout un beau récit sur les racines et la mémoire familiale, […] ". Même si, apparemment, les deux journalistes ne sont pas d’accord sur le nombre de pages, ils s’entendent sur le fait que le roman de Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près, publié aux éditions de L’Olivier est un livre à ne pas rater.