Revue de presse du 23 octobre
Comme promis, je me suis intéressée au dossier de l’un des deux principaux mensuels, plus particulièrement à celui du Magazine littéraire du mois d’octobre. Il y est proposé un florilège de penseurs français d’aujourd’hui. Il y en a 30 très exactement. L’ensemble d’environ 40 pages est coordonné par Patrice Bollon qui justifie la démarche de la façon suivante : " Pensée ‘jetable’, pensée ‘tiède’, non-pensée… Il est de bon ton aujourd’hui de déplorer l’état de la philosophie en France. Pourtant de nombreux auteurs, apparus parfois depuis vingt ans, sont désormais lus et reconnus, ici comme à l’étranger. Nous avons voulu recenser, en les organisant autour de débats précis, les apports de ces penseurs, venus d’horizons très différents. " En effet, les penseurs recensés ne sont pas classés selon un ordre alphabétique mais selon les thèmes qu’ils abordent. Parallèlement, le dossier est divisé en onze parties : ‘Dépasser la French Theory’, ‘Le moment présent en philosophie’, ‘La question des univers’, ‘Retour(s) de la métaphysique’, etc. En bref, ce dossier propose des réflexions complètes sur la philosophie d’aujourd’hui et ses acteurs. Par exemple, dans la première, signée François Cusset, auteur de French Theory publié aux éditions de la Découverte en 2003, il y est expliqué que " la pensée n’est plus l’apanage d’un ensemble d’auteurs, d’un terreau national ou d’un espace théorique ". Donc, si ces sujets vous intéressent, n’hésitez pas à vous plonger dans le dossier du Magazine littéraire.
Parallèlement, dans le mensuel Lire d’octobre, deux critiques antagonistes sur un même ouvrage ont attiré mon attention. Visiblement, Delphine Peras et Christine Ferniot ne partagent pas le même avis sur le livre de Shan Sa, une auteure chinoise née à Pékin en 1972 et installée en France depuis 1990. Ce livre c’est Alexandre et Alestria publié chez Albin Michel. Il s’agirait d’un roman historique sur la vie plus ou moins revisitée d’Alexandre Le Grand. Delphine Peras résume l’ouvrage en trois mots : " lubrique, épique, poétique, hystérique. " Elle ajoute : " Or c’est justement cet excès de sang, de sueur et de sperme qui rend ce roman particulièrement – eh oui ! – jouissif. Oublions le style inexistant. Alexandre et Alestria offre un véritable plaisir de lecture, avec son compte d’émois et de frissons à bon compte. " De son côté, Christine Ferniot est catégorique sur la nullité du roman. Elle commence son article en écrivant : " Si c’était un gâteau, ce serait un pudding. S’il était un légume, ce serait un navet ". Elle continue avant de donner des extraits du livre comme preuves à conviction : " Cette fiction gonflée de prétention a tout d’un patchwork décousu. " Ce qui est bien avec ce livre de Shan Sa c’est qu’il provoque un débat qui fait parler de lui.
Elodie
Emission du 23/10/2006