revue de presse du 30 octobre
Le second dossier que je vous avais promis de détailler est celui du mensuel Lire d’octobre intitulé la Vie amoureuse des écrivains. Tout d’abord, il est introduit par une sorte de justification du sujet : " Les écrivains sont guidés par la passion. C’est elle qui leur permet d’accéder au génie, de passer à la postérité. Mais ils sont, ne l’oublions jamais, des hommes et des femmes comme les autres : leur vie sexuelle, parfois hors du commun, est-elle pour quelque chose dans leur œuvre ? […] Lire a voulu comprendre ce que la littérature doit à l’empire des passions et du sexe. " Il n’est pas question de voyeurisme. Le dossier se compose de quatre parties majeures. Dans un premier temps, il y a un gros article théorique de Philippe Delaroche de trois pages analysant les comportements amoureux des grands écrivains. Ensuite, Delphine Peras commente sa lecture du livre de Hazel Rowley, Tête à tête. Beauvoir et Sartre : un pacte d’amour, traduit de l’anglais par Pierre Demarty et publié chez Grasset. Visiblement, ce livre l’a marquée puisqu’elle commence son article en écrivant : " Ben mes canailles… Sauf le respect que l’on doit à Simone de Beauvoir (1905-1986) et à Jean-Paul Sartre (1905-1980), la lecture de Tête-à-tête (…) l’essai captivant de Hazel Rowley, confirme leur sacré propension à la gaudriole ! ". S’ensuit un entretien de Philippe Delaroche avec Aldo Naouri, un pédopsychiatre et psychanalyste qui vient de publier Adultères aux éditions Odile Jacob. Il explique le rapport entre l’enfance et la façon d’appréhender l’amour à l’âge adulte ainsi que la manière dont les écrivains compensent un manque par l’écriture. Enfin, un zoom est fait sur des écrivains en particuliers comme Rimbaud et Verlain, Duras, Colette, et bien d’autres via différents articles de toute nature. Ça vaut le détour.
De son côté, Le Magazine littéraire profite de la saison des prix pour nous communiquer des documents d’archives de Jean Paulhan. Il s’agit de notes inédites de 1946 " rédigées pour sa chronique des Temps modernes et qui constituent des conseils aux jurys littéraires ". Le mensuel propose, comme à son habitude, des morceaux choisis du document ainsi que des photos de quelques pages manuscrites. Quant à Valérie Marin La Meslée, journaliste du mensuel, elle les commente et écrit : " Ces conseils, adressés autant aux jurés qu’aux éditeurs, filent hardiment la métaphore politique. […] la seconde lecture, pour le spécialiste est plus personnelle (Le spécialiste évoqué dans l’article s’appelle Bernard Baillaud. Il est le président de la Société des lecteurs de jean Pauhlan) La passion littéraire que Paulhan préconise pour couronner un livre est une manière de dire ‘faites comme moi’ " Après ces explications, la journaliste revient sur l’intérêt de ces documents : " Cet inédit témoigne du rôle des archives, d’autant plus capital que Paulhan n’a pas écrit ses Mémoires : elles redessinent, dans sa complexité, l’enjeu d’une vie littéraire étendue de 1904 à 1968 ". Quoi qu’il en soit les éditions Gallimard voient une occasion de publier des Œuvres complètes en sept volume, dirigées par Bernard Baillaud. Elles ont déjà commencé en juin avec le premier volume.