Poésie Hélène Vidal
Hélène Vidal, Variations pour un orage, Ed. Eclats d’encre, 12€
Parmi les recueils notables de cette rentrée poétique, il y a celui de Hélène Vidal, Variations pour un orage, édité par Eclats d’encre. Après trois recueils publiés aux éditions Encres Vives, Vertiges en Feuillées (2000), Ce Bleu d’Automne (2002), Un matin, l’autre (2005), elle revient avec un florilège de poèmes remplis d’images. Ecrits en vers libres non rimés, ces derniers laissent entrevoir une maîtrise parfaite de la langue, de son vocabulaire et de sa musique. Le poème de la page 43 permet de s’en rendre compte :
Dans la pénombre, la gifle du vent
dans le couloir
l’inconnu s’époumone
mais on n’ouvre à personne
la nuit les chats sont gris
et portent le malheur
les enfants cachent dans l’oreiller
l’image des sorcières rouges
le métronome décompte les minutes
mais on n’ouvre à personne
la nuit les mots sont gris
ils se faufilent sous la porte
vagabondent dans le couloir
se gonflent de voile et de chant
mais on n’ouvre à personne
chaque parole est bien gardée
sous l’oreiller chuchotée, chuchotée, chut.
De façon simple et belle, Hèlène Vidal dit ce qu’elle pense ; elle exprime les sentiments que lui évoquent la vie et le monde. Elle ne donne pas de nom à ses poèmes, à ses tableaux qu’elle façonne avec les mots, peut-être pour laisser libre cours à l’imagination du lecteur. L’orage dont il est question dans le titre n’apparaît pas directement dans l’ensemble du recueil. Il semble sous-jacent. En effet, il transparaît dans la violence et la force des sensations qu’il procure ainsi que dans la variété des sons voire des mélodies qu’il laisse entendre. En d’autres termes, l’image de l’orage sert de prétextes et de fil rouge aux variations de thèmes, de tons, de rythmes et d’univers sans être nommé une seule fois au sein du recueil. Cette richesse et cette originalité rendent donc l’ouvrage de Hélène Vidal, Variations pour un orage, publié aux éditions Eclats d’encre intéressant à lire.
Elodie Ker
Emission du 23/10/2006