Des lettres de Francis Marshall

Publié le par elodie Ker

Francis Marshall, Des hurlements montaient des saules pleureurs, (30 lettres de réclamations), éd. La Sterne Voyageuse, 14€

Que quiconque pense que les lettres et notamment les lettres de réclamations ne peuvent pas faire l’objet d’un livre et intéresser la littérature revoit son jugement ! Francis Marshall vient nous prouver le contraire avec son ouvrage Des hurlements montaient le long des saules pleureurs publié chez La Sterne Voyageuse éditeur et postfacé par Agnès Faure. Ces hurlements correspondent à 30 lettres de réclamations écrites par l’auteur mais que l’on pourrait croire véritables, tout droit sorties des services municipaux prévus pour les recevoir. Par le biais de ces missives dans lesquelles les ratures ont été conservées, le lecteur est amené à rencontrer un panel de personnages aussi singuliers les uns que les autres décrivant des situations saugrenues, cocasses ou graves qu’ils auraient vécues. Leur manière de relater les faits, leur sincérité voire parfois leur naïveté les rendent attachants et touchants. Leurs demandes ou réclamations sont tantôt drôles tantôt étranges, intrigantes, marquantes. La lettre 8 située page 21, par exemple, donne tout à fait le ton :  

 

 

Monsieur, 

J'habite boulevard de Strasbourg un deux pièces propre et coquet. La nuit dernière, j'ai découvert sur mon paillasson le corps d'une adolescente, elle vivait encore. Je l'ai donc couchée dans mon salon. 

Pourriez-vous avoir l'extrême obligeance de m'envoyer des affaires pour que je puisse l'habiller sans que cela m'occasionne des frais supplémentaires, en vous remerciant par avance. 

Cordial souvenir.  

Elle est issue du service des réclamations de la ville de Lisieux dans le Calvados. Même si elles sont inventées, toutes les lettres sont précédées d’un chapeau précisant la provenance pour les faire paraître vraies.

Parallèlement à ces lettres tapées à la machine à écrire se trouvent également des illustrations et des petits mots parsemés et manuscrits dans lesquels l’humour se mêle à l’érotique voire au dérangeant. En effet, l’auteur n’hésite pas à mettre à mal les dogmes et la morale donnant à son ouvrage un ton décalé, étonnant, coquin voire légèrement troublant. La « normalité » et la banalité n’ont pas leur place. Autrement dit ce livre de Francis Marshall, Des hurlements montaient le long des saules pleureurs (30 lettres de réclamations), postfacé par Agnès Faure et publié par La Sterne Voyageuse Editeur, un micro-éditeur qui prend son temps pour faire paraître une œuvre si cela semble nécessaire et lutte contre la logique commerciale du domaine éditorial actuel, permet de passer un agréable moment de lecture. Il n’est, à mon avis, pas à mettre entre les mains des moins de 15 ans.

Plus d’infos sur la maison d’édition : http://sterne.voyageuse.free.fr           

Elodie, le 2 juillet 2007      

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