Témoignage

Publié le par elodie Ker

 

"Cent un jours à Bagdad" de Asne Seierstad (éd. Intervalles)

Deux livres de la célébre auteure et journaliste norvégienne Åsne Seierstad sont parus en mars : Cent un jours à Bagdad et L’ange de Grozny. Åsne Seierstad est l’auteur du bestseller Libraire de Kaboul et a réçu plusieurs prix en France, notamment : Ecrivain de l'année du Magazine ELLE en 2000 et Prix des Lecteurs du Choix des Libraires, en 2004.


Née en 1970, Åsne Seierstad est licenciée de l’Université d’Oslo en russe, espagnol et Histoire des idées. Auteur et journaliste de guerre, elle a commencé sa carrière comme correspondante à Moscou, en couvrant le conflit tchétchène. Elle y est retournée dix ans plus tard et s’est rendu compte qu’en dépit du désintérêt de l’opinion publique, la tragédie continuait. Dans la plus grand secret elle y effectue plusieurs voyages et rapporte dans  L’ange de Grozny de cette tragédie qui a tué entre 10 et 15 pour cent de la population et qui a laissé dans son sillage une société défigurée et un prix à payer particulièrement lourd pour les enfants.

Cent un jours à Bagdad est un récit du voyage que Seierstad a entrepris entre janvier et avril 2003. Arrivée à Bagdad en janvier 2003 avec un visa de dix jours, elle y reste finalement un peu plus de trois mois, assistant à la chute du régime de Saddam Hussein et à la transformation d'un Etat totalitaire en chaos absolu. Fidèle à la méthode de reportage qui a fait son succès, elle cherche à donner la parole au peuple irakien, des hommes et des femmes qui se résignent peu à peu à la guerre, et tentent néanmoins de vivre malgré cette menace, puis dans la tourmente de la guerre qui s’ensuit :
« Je raconte ce que je vois. Ils peuvent entendre, en studio, les déflagrations et les explosions dans le téléphone. À plusieurs reprises, je remarque que l’énorme hôtel de béton est ébranlé et que les fenêtres tremblent. Une explosion, je parle, nouvelles explosion, je continue à parler, une autre explosion, et là nous remercions Asne Seierstad à Bagdad. La liaison est coupée. L’attaque se durcit de minute en minute. Métal contre béton, métal contre marbre, métal contre fer. Je reste allongée par terre après avoir raccroché. C’est donc ça, être bombardé. Les poings sont serrés, les bras crispés, les yeux fixent le vide sans rien voir. Ça y est, nous y sommes ! ».
 
Traduits du norvégien par Loup-Maëlle Besançon

+ d'infos sur www.intervalles.com

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