Boris Schreiber, Faux titre, éd. le Cherche Midi, 13€
Faux titre, c’est le vrai titre du dernier roman de Boris Schreiber publié aux éditions Le Cherche Midi.
Pour information, si vous ne le savez pas encore, le romancier Boris Schreiber est décédé à l’hôpital américain le lundi 11février 2008. Il était né à Berlin, le 29 mai 1923, de parents juifs russes exilés. Depuis Les Heures qui restent (Denoël, 1959) à Faux titre qui vient de paraître au Cherche Midi, Boris Schreiber à travers une vingtaine de volumes a construit une œuvre iconoclaste provocatrice, à l’humour blessé. Cet écrivain qui avait obtenu le prix Renaudot en 1996 pour Un Silence d’environ une demi-heure (éd. Le Cherche Midi), un roman de 1100 pages, se considérait comme un éternel exilé. Il ne se reconnait qu’une attache, la langue française qu’il servit avec une passion sans cesse renouvelée. (Sources e-torpedo.net)
Concernant Faux titre, publié aux éditions Le Cherche Midi, le roman est aussi surprenant que son titre. Il est composé de 7 parties, ‘Les sous-titres du destin’, ‘Murmures’, ‘Sur la foi du serment’, ‘Constat’, ‘Mise à nu’, ‘Géographie’, ‘Lettre à toi-même’, qui ne nous emmènent jamais là où on le pensait et qui n’ont pour point commun que le personnage principal qui parle à la première personne. Le roman s’ouvre sur « Les sous-titres du destin » qui commence ainsi : (P.9 -10)
[…]En principe, la porte devrait s’ouvrir assez vite sur Cordélia Masson.
Et je l’aperçois : son sac en bandoulière sur l’épaule, sa brune allure décidée. Et la rage m’enflamme immédiatement. Je vais la suivre, cette Cordélia Masson. C’est une grande première ce soir. Elle le paiera cher, son grignotage de ce qui fait ma vie.
Cordelia Masson est une éditrice qui aurait refusé le manuscrit du personnage. Celui-ci compte alors la harceler… Dans les autres parties, il s’agit davantage de monologues intérieurs d’un amoureux délaissé ou d’un écrivain en fin de vie, Boris, qui se sent raté et qui a le sentiment que l’écriture l’abandonne. Il semblerait que pour ce dernier livre, l’écriture n’avait pas encore quitté Boris Schreiber avant sa mort : il parvient en effet à faire entrer le lecteur dans son univers quelle que soit la mise en scène. Son livre, Faux titre, publié par Le Cherche Midi, est déconcertant. C’est en cela qu’il est intéressant à lire.
Elodie, émission du 15 mars 2008