Année poétique 2008, éd. seghers, 19€

Publié le par elodie Ker

Le 10e Printemps des poètes dont le thème cette année est « L’Eloge de L’Autre »  arrive à sa fin. Toutefois, le mois de mars reste très ouvert à la poésie. La poésie nous enchante et nous parle toute l’année. Son actualité demeure riche 365 jours sur 365 comme nous le prouve l’anthologie L’Année poétique 2008, publié aux éditions Seghers, présentée par Patrice Delbourg, Jean-Luc Maxence et Florence Trocmé et préfacé par Bruno Doucey (Directeur éditorial des éditions Seghers venu le 25 février dernier dans « Cultivons notre jardin »). Cette anthologie réunit 120 poètes qui ont été édités durant l’année 2007 par une maison d’édition (pas forcément Seghers) ou dans une revue (poétique ou littéraire). Bruno Doucey explique la démarche dans son avant-propos p.13 et 14 :

Le principe est simple : trois auteurs et un éditeur ont collecté des centaines de publications semées aux quatre vents de l’espace francophone. Le résultat est là, dans les trois cents pages du millésime 2008 : quelque cent vingt poètes rassemblés, presque autant de maisons d’édition et de revues, un état des lieux des forces en présence. Le tout pour offrir un panorama aussi représentatif que possible de la poésie la plus contemporaine. Une chance supplémentaire donnée au présent, une petite vitrine poétique dans l’immense galerie marchande de la littérature. […]

L’Année poétique entend donner au lecteur l’envie d’acheter et de lire des recueils. Chaque page de ce livre est une porte ouverte sur un autre livre, chaque nom de poète est la clef d’une bibliothèque potentielle. Réunis en un même volume, les cent vingt poètes de ce millésime dessinent d’infinis parcours. Ils constituent le portulan de nos plaisirs en archipel.  

[…]

 

Vous l’avez peut-être compris, chaque année, les éditions Seghers essaient de rassembler un panel de la poésie francophone contemporaine pour la faire découvrir au public amateur ou novice, pour lui ouvrir les portes d’un monde plus riche et varié que certains voudraient le faire croire. A la fin de l’ouvrage, se trouvent les éditions, les revues, les biobibliographies des poètes présents ainsi que des références d’autres recueils qui n’ont pas pu être conservés pour l’anthologie.

Pour vous donner envie d’entrer dans cette anthologie, l’Année poétique 2008, éd. Seghers,  voici quelques extraits du « millésime 2008 » tiré de la récolte de poèmes de 2007

Lecture des poèmes de François Caradec, « Le Métro Mirabeau », Les Nuages de Paris Maurice Nadeau p.68   :

 

Sous l’métro Mirabeau coule le sang

c’est un suicide

faut-il qu’on souffre tant

les pleurs viennent toujours au bout du temps

 

Vienne la rame où je meurs

les pompiers vont je demeure

 

L’amour s’en va comme le sang coule

l’amour s’en va

comme la rame est lente

et comme l’égoïne est violente

 

Vienne la rame où je meurs

les pompiers vont je demeure

 

et de Guy Goffette, « Lettre à mon père », Traversées, 2007, p.118

 

Un jour mon père quand je serai grand

 je t’engendrerai et je t’ouvrirai

des ailes, une mémoire habitable

avec tous les secrets de l’amour

et comment vivre de nous

 

je te donnerai la combinaison du coffre

et le chiffre de la mer que tu n’as

jamais traversée. Je te donnerai

la barbe du bon Dieu et un grand

tourbillon de voyelles

 

pour effrayer tes anges casaniers

et te mériter un petit paradis

perdu près de ma source.

 

Là encore ! Allez-y ! N’hésitez pas. Dès que vous avez cette anthologie, L’Année poétique 2008, édité aux éditions Seghers, (qui ne coûte que 19€) entre les mains, « l’entrée [est] libre » comme dirait Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des Poètes. Vous pourrez rencontrer 120 poètes et poèmes aussi variés que beaux… Ce florilège poétique ne vous décevra pas.  

Elodie, émission du 15 mars 2008      

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