Retour sur... Philippe Delerm, Enregistrements pirates, éd. Folio

Publié le par elodie Ker

Nous sommes le 21 janvier et « Cultivons notre jardin » a désormais 4 ans. C’est l’occasion de revenir sur ce qui a fait l’émission. Souvenez-vous ! Au commencement, il y avait une équipe de 5 personnes dont nous ainsi que diverses chroniques. Il était déjà possible de trouver la revue de presse et les idées de sorties. Il y a eu, jusqu’à fin 2007, le Hit Parade que nous avons décidé d’enlever en 2008 Laurence et moi. Parallèlement, il existait des chroniques plus culturelles comme « Graine de savoir » qui revenait sur un courant, un terme de vocabulaire, etc. et que nous comptons reprendre sous la rubrique « En quelques mots » dès aujourd’hui et quand il n’y aura pas d’invité. Par ailleurs, de temps en temps, nous souhaitons vous parler, dans une rubrique intitulée « Retour sur », d’un livre qui ne fait pas  nécessairement l’actualité soit parce qu’il s’agit d’un classique, d’un canon de la littérature soit parce qu’au moment de sa sortie il est passé entre les mailles de nos filets… bref un livre qui nous plaît tout simplement. C’est le cas de l’ouvrage de Philippe Delerm, Enregistrements pirates, publié par les éditions du Rocher en 2003 et par les éditions Folio, en poche, en 2006. Pour information, Philippe Delerm est né le 27 novembre 1950 à Auvers-sur-Oise. Ses parents étaient des instituteurs et il a passé son enfance dans des « maisons d’école » à Auvers, à Louveciennes, à Saint-Germain. Après des études de lettres, il enseigne en Normandie où il vit depuis 1975. Il a reçu le prix Alain-Fournier 1990 pour Autumn, le prix Grandgoussier 1997 pour La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, le prix des Libraires 1997 et le prix national des Bibliothécaires 1997 pour Sundborn ou les jours de lumière. Ces titres sont tous disponibles en format poche, éditions Folio. Avec Enregistrements pirates, Philippe Delerm propose des textes très courts d’environ une ou deux pages qui décrivent des moments de vie à un instant donné, des scènes, des images ou des sensations du quotidien, dans le train, dans la rue, chez soi...  Le début du texte 13 « Ondes pacifiantes », p. 35, nous le montre bien :       
Le ronron du réfrigérateur. Une espèce de vibration électrique, a priori monocorde et ponctuelle, dont le déclenchement devrait à la rigueur susciter un vague agacement. Mais ce n’est pas du tout ça. Pourquoi le ronron du réfrigérateur fait-il du bien ? D’abord si on le perçoit vraiment – pas seulement par les oreilles, il pénètre le corps entier –, c’est que la cuisine est suffisamment silencieuse, qu’on a coupé le babil fleuve de la radio. Il monte dans des heures suspendues, des heures de rien, milieu de matinée, milieu d’après-midi, il joue sur la profondeur du silence, en donne la conscience en l’abolissant – c’est un bruit qui fait du silence. […]    
L’écriture de Philippe Delerm nous fait pénétrer dans l’instant de la scène avec des images verbales insolites. La description de ces moments, malgré le regard amusé du narrateur, sonne vraie. On a la sensation d’avoir déjà vécu ou vu ce qui est raconté tout en découvrant un nouvel angle d’approche. L’auteur a mis ses mots à lui sur ces scènes de tous les jours. Et pourtant, on se les approprie. On se dit « Oui, c’est exactement cela ! » On les voit et on les vit même si on n’en fait pas partie, même si le narrateur reste souvent externe à la scène décrite. Les thèmes abordés, les lieux, les situations et les personnages rencontrés sont variés. Ils sont toutefois reliés à un fils, à deux peintures du peintre vénitien Longhi qui ouvrent et ferment le livre. Ces Enregistrements Pirates de Philippe Delerm disponibles chez Folio nous amènent à regarder la vie quotidienne avec un regard neuf, différent. Ce serait dommage de passer à côté !                   
 
Elodie, le 20 janvier 2008   
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