François Bott, Femmes de plaisirs, éd. Le Cherche Midi, 13€

Publié le par elodie Ker

Que vous évoque un titre comme Femmes de plaisirs ? Les esprits mal tournés pensent sûrement immédiatement à un ouvrage érotique ! Pourtant, ce n’est pas du tout la démarche de François Bott, l’auteur de ce livre publié par les éditions Le Cherche Midi. C’est plutôt un hommage à plusieurs femmes d’époques différentes dévoreuses des plaisirs de la vie que l’écrivain a cherché à faire. Se trouvent réunies ici Mme de Sévigné, Mme de Tencin, Mme Récamier, Colette, Arletty, Louise de Vilmorin et Françoise Sagan. Il fait d’elles des portraits effleurant leur sensualité, leur beauté et leur charme naturels tout en mettant en avant leurs traits de caractère. Il nous présente des femmes qui sortent de l’ordinaire par leur capacité à aimer la vie. En lisant François Bott, on sent qu’il a pour elles une forte admiration. ; P.7-8 Avant-propos « Marie, Juliette, Sidonie, Françoise et les autres » (Début)

 

 

Elles sont à l’opposé des femmes extrêmes. Le contraire des femmes fatales. Ce sont les gourmandes, les femmes de plaisirs, les dames de cœur. Epicuriennes par nature et par inclination, par vocation, Mme de Sévigné, Mme de Tencin, Juliette Récamier, Colette, Arletty, Louise de Vilmorin, Françoise Sagan se ressemblaient, malgré les différences d’époque, de style et de mode. […] C’étaient des héroïnes de la vie, des charmeuses de l’existence, et celle-ci leur rendait la politesse. Elles croyaient à la légitimité du bonheur et mettaient le malheur en résidence surveillée. Elles ont cultivé, conjugué l’art et l’appétit (féroce) de vivre, la curiosité pour les gens et les choses, l’art d’aimer, l’art d’écrire (pour la plupart), l’art de voyager (pour certaines) et même l’art de vieillir. […] Leur credo, c’était : la vie est à la fois aimable (au sens premier) et tragique ; aussi faut-il être soi-même légère et glisser sur les choses.

 

 

L’écriture orale, fluide et musicale voire enchanteresse de François Bott nous rend ces femmes familières, proches. On a l’impression qu’il les a connues personnellement et que, grâce à la magie des mots, il cherche et parvient à nous les faire rencontrer. A la fin de son ouvrage, il pousse même la démarche jusqu’à imaginer un entretien fictif entre Virginia Woolf et Katherine Mansfield un après-midi de septembre 1917 à Londres. On s’y croirait !

 

François Bott a longtemps dirigé Le Monde des livres et publié, entre autres, au Cherche-Midi, Sur la planète des sentiments (1998), Dieu prenait-il du Café ? (2002), Femmes extrêmes (2003). Il revient nous envoûter en 2007 avec Femmes de plaisirs également paru aux éditions le Cherche-Midi en nous proposant d’entrer en douceur et avec subtilité dans l’univers et le destin de 7 femmes hors du commun.             

 

 

 

Elodie, émission du 17/12/2007      

 

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