autobiographie historique

Publié le par elodie Ker

 "Les rois de Laon" de Jean-Pierre Boizette (éd. France Europe Editions)

Nous sommes à Laon au xe siècle. Cette modeste préfecture de l’Aisne est alors la capitale de la France, celle de Clovis et de Charlemagne, dont les racines se trouvent entre la Meuse et le Rhin et qui jette alors ses derniers feux. À Laon, les derniers rois carolingiens voient leur pouvoir s’effondrer face aux invasions normandes. Dans le désordre général, les hauts fonctionnaires s’approprient leurs charges. L’Église connaît l’une de ses crises les plus graves. Les grands laïcs s’emparent de ses monastères. Partout se développent la violence et l’insécurité.

Voici venir l’avènement du faible Hugues Capet, du puissant Otton et la naissance anarchique de la féodalité. Les rois de Laon évoquent ce temps où la nation franque se fragmente avant de s’effacer. Aux alentours de l’an mil, un Empire germanique se sépare insensiblement de ce pays qui deviendra, bien plus tard, un État centralisé à Paris et qui prendra le nom d’un peuple glorieux mais disparu.

L’Histoire a oublié les rois de Laon. Ils nous parlent pourtant d’un sujet toujours d’actualité : la mort d’une nation.

Après Le royaume de Soissons et Le palais de Quierzy, Jean-Pierre Boizette poursuit avec Les rois de Laon ce que la critique a appelé « l’autobiographie d’un peuple ». Il crée la mémoire imaginaire d’une Histoire vieille d’un millénaire et traque dans ce passé, enraciné en quelques lieux et quelques personnages, ce qu’il y a de plus intime, de plus humain, de plus infime aussi. Par là, ces souvenirs deviennent un peu les nôtres.


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