Jean-François ZANETTE, L'archipel des solitudes, éd. Flammes Vives, Prix de poésie Jean Aubert 2007, 13€

Publié le par elodie Ker

Souvenez-vous ! A la fin de l’année 2007, lorsque l’émission s’appelait encore Cultivons notre jardin et qu’elle était diffusée le lundi, je vous ai annoncé le résultat d’un prix de poésie que vous commencez à connaître : le Prix de poésie Jean Aubert. Le grand gagnant de la session 2007 est Jean-François Zanette avec son recueil, L’archipel des solitudes, que les éditions Flammes Vives, éditions organisatrices du concours, viennent de publier. Dans sa préface, Claude Prouvost, Président de Flammes Vives, présente le lauréat en expliquant que 2007 a été un bon cru.

Né en août 1966, Jean-François ZANETTE écrit depuis plus d’une vingtaine d’années. « Pour lui, la poésie est une maladie qu’on attrape et dont on ne guérit jamais, comme la vie qu’on traverse seul parmi les autres qui ne sont là que pour confirmer cette solitude et l’impossible communion des êtres. […] Par ailleurs, Jean-François ZANETTE est le fondateur, avec son ami chanteur et musicien Fred Garcias, d’un groupe de chanson française – DARCAN – dont il est, (…), l’auteur des textes ». (cf. préface de Claude Prouvost)

Le recueil, L’archipel des solitudes, est divisée en trois parties :

-          une première composée de poèmes de formes diverses, toujours en vers rimés, dont voici un extrait p.13 :

L’ARCHIPEL DES SOLITUDES (A ma mère)

 

Sur l’archipel des solitudes,

Au cœur de la mer des regrets,

Je cherche à retrouver tes traits

Dans le vent des vicissitudes.

 

Diffuse, dans les altitudes,

Parfois tu me réapparais

Sur l’archipel des solitudes,

Au cœur de la mer des regrets.

 

Sous ces étranges latitudes,

A l’ombre noire des cyprès,

Le mur des lois et des décrets

S’effondre avec mes certitudes

Sur l’archipel des solitudes.

 

-          une seconde, « Le Dernier Voyage », constituée d’une série (ou couronne) de sonnets (également en vers rimés) liés les uns aux autres par les premiers et derniers vers. En d’autres termes, le premier vers de chaque sonnet correspond au dernier du précédent et le dernier vers au premier du suivant. Cet ensemble de vers repris forme ensuite un sonnet maître qui conclut la partie II. Voici le résultat, p.49 :

 

XV – LE DEPART (SONNET MAÎTRE)

 

Le diable quelquefois trouble et furtif chat noir

Immuable et secret come une idole antique,

Sous le ciel qui se ferme apparaît hiératique

Tandis que le soleil s’effondre dans le soir.

 

Se grisant aux parfums légers d’un encensoir,

Le regard qui se perd dans la flèche gothique,

Un archange maudit d’aspect fantomatique

Près de Satan demeure, une larme en sautoir.

 

Les cloches de métal sonnent le crépuscule

Alors que se dissout l’Univers incrédule

Dans les vapeurs du rêve et de l’éternité.

 

Lorsque surgit le train de la métamorphose

Ayant pour terminus l’heure de vérité,

A l’horizon s’étend un voile de névrose.

 

-          La troisième, intitulée « Nuages », représente, quant à elle, une couronne de quatrains, une sorte de « Variations sur ‘L’Archipel des solitudes’ » dont le principe est le même que pour la couronne de sonnets. Autrement dit, chaque quatrain commence par le dernier vers du précédent et finit par le premier du suivant. Ces vers qui lient les quatrains les uns aux autres forment un quatrain maître qui ferme la partie et le livre. Voici le résultat p.53 :      

 

V- L’ESPOIR (QUATRAIN MAÎTRE)

 

Sur l’archipel des solitudes

Je cherche à retrouver tes traits ;

Aux franges d’or des altitudes,

Parfois tu me réapparais.

 

Les influences musicales se ressentent dans l’écriture de Jean-François ZANETTE. Les mots et les vers dansent sur la page. Toutefois, sa musique est sombre. Elle nous emmène dans les méandres de la solitude certes mais pas seulement. En effet, le lecteur part aussi dans le pays de la mort, des fantômes aux allures de vampires et des anges déchus. Bref, L’archipel des solitudes, de Jean-François ZANETTE, publié aux éditions Flammes Vives promet un voyage déroutant et envoûtant. Il mérite son titre de lauréat du Prix de poésie Jean Aubert 2007.

 

Depuis le 15 avril dernier le prix de poésie Jean Aubert est ouvert.

 

Elodie, émission du 10 mai 2008    
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