Revue de presse du 22 mars 2008

Publié le par elodie Ker

La semaine dernière, je vous ai présenté brièvement les grandes lignes des deux principaux mensuels littéraires, Lire et Le Magazine Littéraire, en vous promettant d’approfondir aujourd’hui. Chose promise, chose due. Voici plus de détails.


Lire :

Dans la partie « Magazine » on peut trouver,  « Les dix ans du Printemps des poètes » qui s’est terminé le 16 mars et dont le thème cette année était (est) « L’Eloge de l’autre », la semaine de la langue française « Les dix ans des dix mots » et qui a lieu en ce moment, du 14 au 24 mars 2008, un entretien avec Bernard Pivot de François Busnel, directeur éditorial du mensuel (p.16-17) sur le « Goncourt : les coulisses d’une réforme » (une double page)

Parmi les chroniques, celle sur la poésie de Jean-Claude Pirotte « Journal d’un poète » porte sur « Les accents du Porteño » et « Les Ecrivains du Bac » sur Saint Augustin. 

Comme je le disais la semaine dernière, le dossier de ce mois-ci est consacré à la littérature juive. Il est très complet. on y trouve : 
- la présentation des principaux ouvrages d’auteurs israéliens, des piliers aux nouveaux,
- « Les femmes : l’émergence »,
- « Les juifs : américains »,
- « Jeunes juifs du monde entier »,
- un entretien avec Joan Sfar qui « puise son inspiration dans le judaïsme »,
- une réflexion sur « Une philosophie juive »,
- une question « Qu’est-ce que l’humour juif ? »,
- un focus sur « Les jeunes auteurs juifs en France ».
Par ailleurs, la chronique « Univers d’un écrivain » est consacrée à Amos Oz et l’entretien de fin de magazine effectuée par Philippe Delaroche, rédacteur en chef du mensuel Lire, s’est fait à Tel-Aviv avec Avraham Burg, un auteur israélien et juif, également présent au Salon du Livre mardi dernier. Le point de départ de cet entretien passionnant est son ouvrage très engagé Vaincre Hitler, publié aux éditions Fayard (Le numéro de ce mois-ci propose d’ailleurs un extrait de ce livre). L’homme, plein d’humour, qui aime la polémique car c’est elle qui fait réfléchir et discuter, a répondu sans détours aux questions de Philippe Delaroche, tant pour le mensuel Lire qu’au Salon du Livre. Avraham Burg est un fils de ministre devenu officier parachutiste dans les années 80. Il a fait parti du Parti Travailliste puis, jusqu’en 2004, a présidé l’Agence juive et la Knesset avant de plaquer la politique et d’arriver avec ce gros livre polémique Vaincre Hitler. Ph. Delaroche résume la démarche ainsi : « Avraham Burg déplore les provocations des colons armés ou l’influence des fondamentalistes et, plus encore, la dialectique du traumatisme qui justifie tout, y compris expéditions militaires et racismes ». L’auteur, Avraham Burg, va jusqu’à mettre en garde les Israéliens en comparant sa société actuelle à la situation  de l'Allemagne de Weimar. Il explique : « Le livre propose des alternatives, sans prétendre à la bonne réponse. La seule chose que je peux mettre sur la table, c’est la question. […] Dans le livre, je m’efforce de dégager des positions, des modes de pensée et des spiritualités susceptibles d’inspirer une autre existence. […] Sous beaucoup d’aspects, j’estime que la situation d’Israël est très similaire à celle de la république de Weimar, entre Bismark et Guillaume II, et jusqu’à l’épilogue de Weimar. […] L’une des raisons pour lesquelles j’ai fait cette comparaison tient à ce simple rappel : l’Holocauste a été perpétré par des êtres humains ; le racisme et la discrimination sont pratiqués par des êtres humains. Cela est arrivé en Allemagne, et cela aurait pu se produire en France. […] Et moi je dis à mon peuple : « Le fait d’avoir souffert ne vous délivre pas automatiquement l’immunité ; faites attention ! ». Les explications complètes se trouvent dans le numéro de mars du mensuel Lire. Vous vous doutez bien que cet ouvrage d’Avraham Burg, Vaincre Hitler, publié aux éditions Fayard a été très critiqué et a provoqué la polémique en Israël tout en étant un véritable succès.

 

De son côté Le Magazine Littéraire propose une enquête sur Félix Arnaudin, l’ethnologue de la Grande-Lande (par Serge Sanchez), un débat « pour ou contre Wikipédia ? » entre David Moniaux et Pierre Assouline.

Le document de Gilles Lapouge porte sur « Les routes de Nicolas Bouvier » et la rubrique « Trésors d’archives » sur 68 : « 1968 : le chant du cygne surréaliste »   

 

Le dossier du mois porte sur les écrivains et la psychanalyse : il s’intéresse aux romanciers héritiers de Freud, à l’écriture de soi « la cure au cœur de la littérature ». Il y a aussi :

-          un entretien avec Frank Tallis « Le détective est comme un psychanalyse

-          un entretien avec Philippe Grimbert : « Livrer, délivrer […] J’ai compris que l’analyse, loin de tarir la création, la favorisait justement, en levant certaines inhiblitions. » 

-          « Ces psychanalystes qui écrivent » : présentation de plusieurs auteurs.

-          une question : « Qu’est-ce qu’un roman analytique ? » avec Bernard Pingaud ;

-          enfin une enquête « la Plume et le divan » : six écrivains ont confié leurs témoignages sur les liens entretenus entre leurs œuvres et la psychanalyse.

 

Elodie, émission du 22 mars 2008      

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